. Désamorcer .


Humeurs, Non classé / vendredi, décembre 20th, 2019

Ce week-end, j’ai eu un gros coup de blues. J’ai constaté qu’après deux ans de vie à Toulouse, je n’avais toujours pas réussi à me faire des copines, ne serait-ce que pour aller boire un thé en ville et discuter de tout et de rien.

Il faut reconnaître que notre vie a été plutôt chargée depuis deux ans : déménagement, mariage, bébé, boulot. Ca n’a pas laissé beaucoup de place aux autres et nous avons essayé de profiter de chaque instant pour nous, avant tout, parce que nous en avions besoin.

Cela dit, le constat reste un peu dur certains jours. En 2017, nous avons fait le choix de quitter Paris et nos copains d’école d’ingé pour s’installer dans la ville rose. Nous en avions assez de la capitale et on se disait qu’on garderait de toute façon contact avec nos amis grâce aux réseaux, aux week-end, aux vacances.

Mais dans les faits, c’est une autre histoire.

Parce qu’on a tous nos vies, envies, contraintes. Et s’en vouloir de ne pas se donner assez d’attention est juste destructeur. Quand on ne vit pas dans le même coin et qu’on a plus les mêmes rythmes, tout devient plus compliqué, qu’on le veuille ou non.

Dans mon blues je me suis vue regretter d’avoir quitté tout ce petit monde dont je suis aujourd’hui devenue étrangère. Je sais peu de choses de la vie de mes copines d’école. Et lorsqu’on se voit, c’est toujours en grand nombre et avec peu de temps pour refaire le monde. Frustration maximum pour moi qui aime prendre le temps de le rattraper justement.

Enfumée par plusieurs émotions complexes, je me suis aussi vue compter le nombre de messages que j’avais reçu lors du décès de maman, remarquer qu’un tel ou un tel ne m’avait rien dit, compter le nombre de compositions florales reçues. La colère (que j’ai a revendre depuis deux mois) s’est alors engouffrée dans cette faille et je me suis vue abandonnée par ces gens qui compte pour moi. J’en suis venue à dire : “quand ce sera votre tour, je ne serai pas la.” Et instantanément, je m’en suis voulue.

Nathan a tout de suite compris que je ruminais un truc pas très clair. Un “qu’est ce qui se passe ?” a suffit pour que je lâche mon sac. Et en posant des mots, à voix haute, sur ces pensées, je me suis sentie si ridicule.

C’est moi qui suis partie de Paris.

C’est moi qui ne suis pas non plus exemplaire dans le maintien des relations à distance.

C’est moi qui oublie de répondre aux messages et de fêter les anniversaires.

C’est moi qui ne fait pas l’effort de me déplacer quand je suis invitée sous prétexte que c’est compliqué.

C’est moi aussi qui ne pense pas à inviter formellement ces gens qui comptent.

Le fait de vider mon sac auprès de lui, sachant qu’il ne me jugerait pas, a été salvateur. Tout s’est remis en perspective.

Mais après, on fait quoi pour que cette crise ne se reproduise pas ?

Fidèle à moi-même, j’ai fait un plan d’attaque :

  • on va profiter des vacances avec M. Nathan pour revoir notre organisation et dégager du temps pour nous, pour nos loisirs et pour nos copains (sachant qu’on a un projet de maison à rénover qui arrive, on rêve peut être des genoux…).
  • on va planifier un week-end parisien avec Mini Loup (tu le sens l’aller-retour en avion avec un 18 mois ?)
  • je vais étudier les différentes pistes qui me permettrait de me recréer un réseau de copines ici : association, sport (j’avais arrêté l’escalade mais je pense reprendre)
  • écrire ces sentiments lorsqu’ils arrivent pour être en capacité de les accueillir.

Aller, dites moi que je ne suis pas la seule à vivre ces phases de blues/doute/micro-crise ?

Belle journée de départ en vacances,

Alice.

PS. ce texte n’avait pas pour objectif de reprocher quoique ce soit à qui que ce soit. Si j’ai eu besoin de raconter ce passage c’est surtout parce que j’ai été marquée par la manière dont un petit constat dans un moment compliqué a pu me faire voir un monde tout noir alors qu’il est plein de nuances, de gris et de couleurs.

Une réponse à « . Désamorcer . »

  1. Franchement je ne peux que te comprendre… J’ai quitté Paris en 2017 aussi et fait aujourd’hui les mêmes constats… En tout cas je suis partante pour aller se boire un thé à Toulouse, quand tu veux ;). J’suis sûre qu’on a bcp plus de points communs que l’escalade.. !! Belle soirée et profites de ce break 🙂

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