7 mois d’allaitement

Il y a quelques jours, nous fêtions les 7 mois de Mini-Loup et également les 7 mois de notre allaitement.

Pendant la grossesse, j’avais très tôt compris que je voudrais allaiter mais je ne m’étais pas fixé de durée et j’évitais de me mettre trop de pression parce que parfois, quoique l’on fasse, ça ne marche pas.

A sa naissance, Mini-Loup a été mis au sein dans les vingt minutes qui ont suivies sa première respiration. C’est très rigolo de voir comme la nature est bien faite : quelques minutes après sa naissance, il s’est mis à ramper sur moi pour chercher le sein, la bouche grande ouverte et le visage allant de gauche à droite en mode tête chercheuse.

En fait, le bébé qui vient de naître est paramétré pour chercher le sein dès ses premières minutes de vie.

Avec un peu d’aide, il a trouvé la source du « manger » mais était bien démuni : il n’arrivait pas à réellement téter et quelque chose le gênait. On a très vite compris qu’il avait des glaires dans la gorge et qu’ils devaient s’évacuer afin que Mini-Loup puisse confortablement se nourrir. Ça a pris quelques jours durant lesquels nous avons bataillé pour qu’il prenne un minimum de colostrum, le premier lait qui est un cocktail explosif d’anticorps et de nutriments. Heureusement, nous étions très bien accompagnés par la maternité où tout le personnel avait reçu une formation sur l’allaitement. Pendant les premiers jours, j’ai donc exprimé le colostrum pour lui donner à la cuillère. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, un bébé n’a pas besoin du biberon pour se nourrir et saura se débrouiller avec une cuillère portée à ses lèvres ou encore un petit gobelet.

Cette photo je l’appellerais bien « fierté à la maternité » …

Petit à petit, nous avons mis en place notre allaitement. Les premières semaines, Mini-Loup demandait beaucoup. Je lui donnais à la demande et faisais face, tête baissée, aux remarques du style « mais il mange encore ? ». C’est là que j’ai compris que pour réussir un allaitement, il faut savoir se foutre de ce que les gens disent, même les plus attentionnés. Il ne faut écouter que son bébé et soi.

Ensuite, j’ai eu droit à une petite mastite inflammatoire (et non infectieuse) et quelques crevasses. Heureusement, je m’étais pas mal informée pendant la grossesse et j’ai vite su identifier les soucis pour trouver des solutions avec l’aide de ma sage-femme et de ma pharmacienne. En l’occurrence, la mastite inflammatoire est une inflammation d’une glande mammaire qui provoque des symptômes grippaux type fièvre et courbatures ainsi qu’une boule chaude et rouge au niveau du sein (c’est la fameuse glande inflammée, la coquine). Elle est provoquée par un défaut de drainage du sein (soutien-gorge trop serré, dormir sur le ventre, tétées éloignées dans le temps, …). Les seuls remèdes sont :

  • la prise de paracétamol pour faire passer les symptômes grippaux s’ils sont insupportables;
  • faire téter bébé un maximum sur le sein touché afin de le drainer et de le guérir (c’est sans danger pour lui temps que le lait n’a pas été affectés et n’a pas changé de couleur).
  • alterner le chaud et le froid pour faire passer l’inflammation et soulager la douleur.

Pour les crevasses, j’ai exceptionnellement utilisé des bouts de sein en silicone de la marque MAM (j’en avais aussi de la marque Dodie mais ils étaient plus gros, plus épais et moins adaptés à ma morphologie). Si les bouts de seins sont parfois critiqués, ils m’ont permis de survivre le temps que les crevasses guérissent et ont quelque part sauvé mon allaitement (sérieusement, ça peut faire hyper mal !).

En complément, j’ai aussi utilisé la pommade au Castor Equi. C’est un peu la potion magique et je l’applique encore de temps en temps en cas de douleurs, de peau sèche…

Ensuite, nous avons eu les pics de croissance qui sont facilement identifiables parce que Mini-Loup demandait à manger non-stop. Au début pour stimuler la lactation en tétant et une fois que mon corps avait compris le message, il restait pendu à moi pour avoir sa dose de lait ^^.

En général, les pics de croissances interviennent selon la règle du 3,6,9 : 3 jours, 6 jours, 9 jours, 3 semaines, 6 semaines, 9 semaines, 3 mois, 6 mois, 9 mois. Le pic de 3 semaines et de 3 mois étaient les plus flagrants chez nous. Pour comprendre tout cela, le feuillet d’information de la Leche League sur les cycles du bébé m’a été hyper utile.

Les pics de croissance peuvent être durs à vivre pour la maman qui a un peu le sentiment d’être réduite au rôle de productrice de lait, mais ce ne sont que des épisodes de courte durée. Le plus important c’est encore une fois d’être informée, de savoir que ces épisodes existent et qu’ils ne sont que passagers. ET il ne faut pas écouter les:

  • « mais tu es sure que tu as assez de lait ? »
  • « mais il demande souvent, tu es sure que ton lait est assez riche ? »
  • « ce n’est pas normal qu’il soit tout le temps au sein, tu devrais lui donner du lait en poudre »
  • « si tu continues à lui donner dès qu’il pleure tu vas le rendre accro »
  • « tu ne devrais pas le laisser pleurer un peu plus longtemps avant de lui donner systématiquement le sein ? ».

N’ECOUTEZ QUE VOUS ET VOTRE BÉBÉ ! On ne le répétera jamais assez 😉

Quand le temps de reprendre le travail est arrivé, Mini-Loup avait tout juste trois mois et je ne me voyais pas le passer aux préparations commerciales. C’est mon choix et je n’ai pas d’avis/de jugement sur les parents qui ont fait autrement. J’ai demandé à ma sage-femme de me faire une ordonnance pour un tire-lait pour un an et j’ai commandé un tire lait chez Grandir Nature que je recommande chaudement tant ils sont de bons conseil et réactifs. La location du tire-lait est entièrement remboursée par la sécurité sociale (Vive la France !) mais vérifiez bien que les tarifs rentrent dans le montant remboursé… chez grandir nature, j’en suis sure.

A la reprise du travail, j’avais réussi à faire un petit stock de lait au congélateur. Pour info, le lait maternel se garde 4 heures à température ambiante, 48 heures au frigo entre 4 et 8 degrés et 4 mois au congélateur. Pour plus d’infos, je vous renvoie vers le site de la Leche League qui a fait un feuillet dédié. 

Chaque jour, j’ai pris l’habitude de tirer mon lait le matin vers 9h30 / 10h et l’après midi vers 14h30/15h. Il est inscrit dans le code du travail que chaque mère désireuse d’allaiter doit OBLIGATOIREMENT disposer de plages de disponibilités pour lui permettre de tirer son lait ou allaiter.

Le temps d’allaitement pendant le travail est prévu par le Code pour tout type d’entreprise et quel que soit l’effectif : « pendant une année à compter du jour de la naissance, les mères allaitant leurs enfants disposent à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail » (art. L. 224-2), « répartie en deux périodes de trente minutes, l’une pendant le travail du matin, l’autre pendant l’après-midi. Le moment où le travail est arrêté pour l’allaitement est déterminé par accord entre les intéressées et leurs employeurs. A défaut d’accord, il est placé au milieu de chaque demi-journée de travail » (art. R. 224-1). Extrait de l’article Travail et Allaitement, ce que dit la loi du site de la Leche League.

Avec cette cadence, j’arrive à tirer suffisamment pour fournir la dose du lendemain à la crèche (environ 3 fois 140 ml) et faire du stock ou faire don au lactarium du CHU de Bordeaux.

A présent, j’ai suffisamment de stock de lait au congélateur pour pouvoir m’absenter plusieurs jours. Par contre, je dois dans ce cas veiller à toujours tirer mon lait pour maintenir la lactation, mais comme c’est inscrit dans ma routine, ça passe totalement inaperçu.

Aujourd’hui, nous en sommes à 7 mois d’allaitement et j’adore toujours autant ces petits moments bien à nous. Bien sûr ça peut être une contrainte et tout le monde n’a pas la chance de pouvoir tirer son lait au travail. Chacun le vit à sa manière.

Certains diront que l’allaitement maternel écarte le père et l’empêche de tisser un lien avec son enfant en le nourrissant mais je crois que c’est un faux sujet. Le rôle du père n’est pas réduit au fait de donner un biberon et il a plein d’occasions de créer des liens avec son bébé : bain, change, balade, jeux… Pour en avoir parlé avec l’amoureux, lui ne se sent en rien spolié et soutient totalement l’allaitement.

D’autres vous dirons aussi « mais donne lui un biberon et tu pourras dormir la nuit ». Il est vrai que je me réveille encore plusieurs fois la nuit pour le nourrir mais c’est normal. Il fait ses nuits, c’est simplement que ses cycles de sommeil sont différents de ceux d’un adulte. Ses besoins sont différents et son cerveaux travaille différemment.

Quand il est malade (et il l’est peu grâce à l’allaitement malgré la crèche), il nous arrive d’être réveillés entre 4 et 6 fois par nuit. Quand tout va bien, on a la collation de 2h du matin et le petit-déjeuner de 6h30. Tout cela avec un bébé qui ne se réveille pas vraiment mais sait manifester sa faim par de petits gémissements. Pour ma part, je préfère l’allaiter, n’avoir qu’à le basculer dans notre lit et pouvoir me reposer en le nourrissant que de devoir me lever pour préparer un biberon. Mais encore une fois, c’est un avis tout à fait personnel.

Pour la petite anecdote, l’allaitement m’a permis de récupérer très vite de la grossesse et de l’accouchement. Je n’avais pas pris beaucoup de poids mais j’ai très vite tout reperdu et je n’ai rien repris. Pourtant j’ai
encore aujourd’hui un appétit bien développé.

En termes de fatigue, l’allaitement est aussi un précieux allié qui permet de gérer les éventuelles pleurs du bébé. Une mise au sein peut faire passer les pleurs très vite, rassurer efficacement le bébé et même l’aider à s’endormir en vous épargnant bien des tracas. Et non, un bébé qui s’endort au sein n’a pas une mauvaise habitude. C’est normal et ce n’est pas pour cela qu’il ne sera pas capable, plus tard, de s’endormir seul. Pour exemple, Mini-Loup s’endort souvent à la fin d’une tétée et pourtant il n’a pas de difficulté à s’endormir seul à la crèche ou sans le sein quand je suis absente de la maison…

Je ne sais pas jusqu’où nous irons dans notre voie lactée (allaitement non écourté, …) et je ne me pose pas trop de questions.

Finalement, je savais depuis le début ce que je voulais faire et je suis super contente d’avoir réussi malgré les petits cailloux qui se sont présentés sur le chemin. Mon seul conseil c’est « faites comme le vous le sentez, comme vous le pouvez et n’écoutez que vous, que vous aillez décidé d’allaiter ou de donner du lait artificiel !« 

Belle journée,

Alice.

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